Un souhait prisonnier : Chapitre 2

Prise de conscience.

<< Nous sommes désormais entièrement là pour t’aider, Sakura. Nous ne partagerons pas ta solitude avec toi, nous t’en sortirons. >>

*   *

*

Sakura se dirigeait, pour ne pas changer vers son lycée, les écouteurs fourrés dans chacune de ses oreilles. Le comportement d’Eikichi l’avait réellement touché. Pourquoi agissait-il ainsi ? Comment allait-il procéder ? Toutes ces questions se bousculaient, au sein de son esprit, mais malgré elle aucune réponse ne pointait son nez, tandis qu’encore et encore d’autres questions s’imposaient. Alors que la musique continuait de taquiner ses tympans, son esprit se remettait en question. Cela risquait de la hanter jusqu’à ce qu’elle y change quelque chose. Le plus perturbant était l’entêtement de la jeune fille face à cette événement, pourquoi se torturait-elle ainsi ?

Néanmoins une silhouette la sortie finalement de sa torpeur. Kaoru l’attendait à l’entrée du lycée tout en mastiquant un chewing-gum, un sourire en coin qui ne manqua pas d’échapper à notre rousse. Elle se redressa et marcha nonchalamment vers son amie afin de lui glisser à l’oreille quelques mots. La rousse attendait incrédule l’action de son amie.

<< Je sais tout Sakura. commença la jeune fille. Tu ne peux rien m’cacher ma vieille. susurra-t-elle fièrement.

– Je m’en doutais vu ton regard. répondit Sakura, désappointée.

– Alors que va tu faire? questionna-t-elle, le plus sérieusement du monde.

– Aucune idée. annonça-t-elle de but en blanc.

– J’ai son numéro, nous pouvons s’arranger pour t’aider. Ne te sens surtout pas coupable. Tu peux vouloir te bouger le postérieur, fais c’que tu veux, j’te suivrai et te soutiendrai. Tu n’es pas en tort. 

– Ne tourne pas autour du pot, tu n’as pas dit tout ce que tu voulais.

– Tu connais ma franchise. elle rigola doucement. Tu m’as dis maintes et maintes fois que soit disant tu souhaitais élargir tes horizons, outre les coups de ton père et les cours de tenue, c’est entièrement normal. Bien évidemment, tu connaîtras d’autres personnes sans compter moi. Surtout ne te méprends, y’a ni de bisounours et d’maisons en guimauves, la réalité est rude également dans notre pseudo « génialissime société » dans notre cher archipel, tu pourrais être réellement déçu. Putain, à cause de toi j’parle comme une vieille. Kaoru se mit à rire bruyamment. >>

La sonnerie retentit. Décidément, sa meilleure amie lisait en elle comme un livre ouvert. Sakura avait peur de l’inconnu, réticente à s’engager. Pourtant, sa curiosité, ses envies, ses rêves lui hurler à s’en égosiller la voix pour prendre la décision de faire sa petite loi pour une foi, au moins un instant. Tout cela semblait paradoxal, la gamine rousse aux allures de princesses qui ne bronchait pas aux volontés de ses géniteurs, qui la balançait dans la machine, tournant à régime.

<< Ce soir à 22H j’passe t’chercher j’ai deux trois trucs à te montrer. Laisse-moi faire ma chérie pour la sécurité, on parle de moi là. elle fit un sourire espiègle. On ira faire un tour, toi et moi en amoureuses. Kaoru se retint de rire. Ne t’inquiète pas pour tes parents, ils n’en sauront rien du tout non plus, donc reste l’esprit léger, je gère. murmura la jeune chrysanthème dans l’oreille de la rousse avant de l’entraîner dans les grands couloirs de l’établissement. >>

*   *

*

Les deux meilleures amies étaient à l’arrière du lycée, bento en main, prêt à être consommés.

<< T’sais, en y repensant, les gamines rencontrent leurs futurs maris au lycée ou encore c’est l’beau collègue. Mais pour ta part, ton chéri tu l’a pêché sur un site. Nous remercierons la direction d’avoir crée un jeu si con pour « soit-disant » trouver son âme-sœur. Vive les tchat. ironisa Kaoru.

– Néanmoins pour ta part,  c’est un mec  relou. À cause de ce jeu à la « stupide » tu vas te retrouver à danser avec un triple idiot. annonça désespéramment Sakura.

– Merci d’retourner l’couteau dans la plaie. Alors que de ton côté, tu fils l’grand amour. Avoue !

– Exactement, tous se passe dans le meilleure des mondes. Sakura éclata de rire à la vue de la boue de sa jeune amie.

– Toi j’vais t’faire la peau ! Kaoru lui prit le bentô de la rousse et englouti plus de la moitié avant d’être interrompu par Sakura paniquée. >>

Eikichi et ses amis était sur le banc d’en face. Eikichi avait fini de manger et était affaler sur le dossier, silencieux. Son regard ne pouvais détourner de la rousse piquant une crise de l’autre côté du chemin. Il souffla désespéramment. Quelle énergumène cette gamine. Mais ses yeux étais accrochés aux courbes de la jeune femme, et des frissons le parcourait de toute parts. Pourquoi cette gamine lui faisait-elle un tel effet ?

La rousse fit un bon, ayant piqué un far, face à sa pauvre amie. Elle tapait frénétiquement son pied de façon complètement comique contre le mur. Il fut d’abord étonné, la jeune élève modèle était enterrée à l’heure actuelle. Puis il éclata de rire, sans le cacher à ses camarades d’en face. « La source de son rire » se tourna vers lui accompagné d’un regard meurtrier, elle avait entièrement compris la situation. La rousse vînt vers lui, son regard lançait des éclairs. Kaoru tentais de la suivre, ne voulant rater aucunes miettes de ce fantastique sketch.

<< Eikichi pauvre imbécile tu me cherche ou ça se passe comment !?

– Fais pas le trou du cul du monde, tu crache de la merde comme lui. suite à cela, le brun rigola de plus belle. >>

Face à cette scène faisant penser à un vieux couple des années 50, l’un des amis d’Eikichi se mit à rire de son tour.

<< Tu vois, même Saito rigole ! balança Eikichi. >>

La chrysanthème avait réagi vitesse éclair, elle hurlait désormais des paroles incompréhensible tout en tirant l’oreille du pauvre blond dénommé Saito sans aucun ménagement. Celui-ci ne comprit pas, étant complètement sonné.

<< C’est un pauvre abruti ce Saito, quand j’pense que c’est avec toi qu’je danse en fin d’année, ma vie d’jeune fille est terminé. se lamenta Kaoru de façon grotesque.

– K.. Ka… Kaoru !? le blond devînt cramoisie et balbutia de façon amusante.

– Bien évidemment que non, c’est Bouddha idiot !

– Comment tu as su que c’était moi ? On ne s’est jamais vu… interrogea Saito perplexe.

– Saito n’est pas un prénom courant jeune homme et puis pour rigoler ainsi il n’y a que toi qui es le niveau. J’te jure celui-là. >>

– J’te rassure, même derrière un écran je t’aurai reconnue. conclue-t-elle >>

*   *

*

Les deux lycéens se chamailler encore dans la chambre du brun, des raisons plus que puériles à la clé. La rousse interrompit subitement leur dispute, retroussa sa manche afin de regarder l’heure. Elle se leva en catastrophe et rassembla ses affaires en panique sous le regard incompréhensif d’Eikichi.

<< Qu’est-ce que t’as ? Tu dois voir ton mec ou quoi ? plaisanta le brun.

– Non idiot, ce soir j’avais exceptionnellement une réunion importante !

– C’est bon calme-toi, c’est pas la mort si tu arrive en retard. s’esclaffa Eikichi de marbre.

– Si justement, mon père va me tuer. >>

Eikichi ne prit absolument pas au sérieux ce que lui dit la rousse. Celle-ci sortit sans un bruit en repoussant la porte dans un grincement sourd.

*   *

*

Le brun était étalé sur son lit simple. Une main reposant sur son front et l’autre parcourant les contacts de son téléphone. Hésitant une dernière fois, il se décida finalement de relancer la conversation avec son binôme avec une phrase banale, quotidienne.

Eikichi 20h05

Bonsoir truc, quoi de neuf ?

Binôme 20H05

Comment ça « truc » ? T’es devenue timide ? Je préfère lorsque tu m’appelle autrement…

Eikichi 20H07

T’as fûmé ?

Binôme 20H07

T’es fou ! C’est mauvais pour le teint et de plus cela jaunit les dents… Tu m’connais.

Eikichi 20H10

Écoute chérie, ce soir tu va t’acheter tes pots d’peinture. Actuellement tu m’les cassent déjà.

Aujourd’hui elle était réellement étrange, elle ne parlait pas comme à l’accoutumé, ce n’était pas la même. Elle était complètement « gnangnan » et il lui fit comprendre qu’elle était insupportable. Que lui arrivait-elle ? Elle ne va quand même pas faire sa lolita. La complicité n’était plus présente, seulement une fille débile de l’autre côté de l’écran. Suite à ce court échange, il entreprit de s’adonner à une autre occupation, un goût amer à la bouche.

*   *

*

Sa réunion était un désastre. Son père, sa mère, ses tuteurs et bien d’autres avaient été présents. De leurs pleins grès, sans scrupule ils l’avaient vendu, corps et âme. Tous ses membres se faisaient plus lourds les uns des autres, et sa haine envers ses géniteurs s’amplifiaient. Qu’avait-elle dit, fait pour qu’ils soient ainsi ? Décider tous à se place, la laissant à l’état d’enveloppe corporelle. Ils lui avaient annoncé cela, sans son avis, de but en blanc sans préambule. Ils sont inhumains, la rendant d’autant plus inhumaine à son tour. Lorsqu’elle observer son entourage vivant dans un cadre de vie aimant et présent elle se demandait constamment, pourquoi pas elle ? Pourquoi n’en ai-je pas le droit également ? Dois-je me résoudre à vivre sous des paperasses, stylo en main, et tant que machine à reproduction pour un inconnu ? C’est une blague, un rêve ? Tout cela est un coup monté, n’est-ce pas ? Je me réveillerai en pleurs, en sueur avec mes parents me tenant fermement la main et me susurrant des mots rassurants,  dîtes-le moi. Au lieu de ses éventualités, Sakura se retrouvait dans sa chambre de princesse, en boule dans le coin de sa chambre. Ses cheveux recouvraient son visage et ses épaules. Les spasmes qui la parcourait étaient violents et ses brusques hoquets la faisait trembler de toute part. Elle souhaitait qu’on lui laisse du temps, pour qu’elle prenne la bonne décision, qu’on l’oublie pour qu’on lui fiche la paix définitivement. Elle préférait qu’on la haïsse et qu’elle vive de la façon qu’elle souhaitait, plutôt que vivre choyé de tous et malheureuse. En ayant cet état d’âme elle savait sur qu’ell note se terminerai cette histoire. Même seulement par simple principe, elle prendrai cette décision. Elle le fera prochainement, avant ce qu’elle nommerait la vente de son être entier. Cela lui laissait tellement peu de temps…

Sakura entendit le vibrement de son mobile sur son bureau de chêne massif. Elle se traîna jusqu’à celui-ci, traînant ses jambes pleines de courbatures puis se saisit de son mobile. Dès qu’elle alluma son téléphone, le peu de lumière qui en émanait suffit à la faire brusquement reculer. De nombreux messages de son amour anonyme étaient non lus en provenance de sa messagerie du projet scolaire. Elle s’empressa de lui répondre contre son grès. Il lui proposé de se voir, une demande réellement étrange de sa part, néanmoins elle abdiqua naïvement sans plus de questionnement. De toute façon, cela ne pourrait lui faire seulement du bien, sachant qu’elle n’allait pas bien. Ses larmes dévalaient son visage rougit sous ces torrent d’eau salés, son cœur se compressait douloureusement dans sa poitrine. C’est fou, il faut qu’il se calme, il va exploser, il est déjà si mal en point… Elle était pourtant heureuse de le voir pour la première fois, avoir la possibilité de pouvoir l’enlacer et sûrement même l’embrasser, plonger ses yeux dans les siens de couleurs inconnues. Néanmoins la nouvelle qu’elle venait d’apprendre lui posait un lourd et sérieux problème. Décidément, le destin ne la ménageait absolument pas.

Ils venaient de poser leur rendez-vous à 23h dans un parc du quartier du jeune homme, elle devra prendre les transports en commun, du jamais vécu pour elle. Elle entreprit de prévenir Kaoru qu’elle sera dans l’obligation d’annuler leur rendez-vous et lui demanda égoïstement qu’elle l’aide à sortir, celle-ci compris la situation et accepta sans poser plus de questions.

*   *

*

Il était 22h tapante, Sakura se dandinait sur place, et le stresse et l’excitation se faisait amèrement ressentir. Tadis qu’elle se tirait nerveusement les cheveux, un appel de la chrysanthème survînt.

<< Sakura écoute moi bien, dans 5 minutes j’aurai fini de pirater le système, tu passera par la fenêtre et montera sur le toit de la demeure voisine de gauche, j’y suis actuellement, à partir du moment ou j’aurai fini de hacker la sécurité, tu auras environ 10 min chrono pour faire ce qui t’es demandé. Compris ?

– Complètement ma vieille. répondit la rousse.

– J’ai lancé le terminal de hack, tu as 5 minutes pour te préparer. >>

Décidément celle-là, elle n’en finissait pas de l’étonner. Sakura n’y pensa pas plus longtemps, se changea en tenue de sport, laça ses baskets, prépara un sac à dos contenant lampe de torche et autre gadget de survie minimal nommerai-t-elle.

<< Ma vieille, vas-y fonce, j’ai terminé. >>

La sécurité venait d’être entièrement piraté. Sakura prit soudainement peur, aucun plan n’avait été prévu, l’option suicidaire était au rendez-vous. Sakura se pencha fébrilement par la fenêtre et observa ce qui l’entourait. En face d’elle un immense cerisier dans le jardin de sa demeure, elle pouvait prendre de l’élan et s’y jeter, s’était extrêmement risqué, plus de 3 étages la séparé du sol, de toute façon, rien de pire pourrai arriver se rassurât-elle. Sakura se colla au mur opposé de la fenêtre marmonna quelques paroles incompréhensibles puis secoua vivement la tête dans tous les sens.

<< Bordel Saku’, je pense bien que tu deviens complètement barge. >>

Sans plus de cérémonie, Sakura prit de l’élan, courut de toute ses forces faisant grincer le parquet sous ses pieds puis bondit tel un félin par la fenêtre, pour atterrir dans le vieux cerisier. Les branches arrivèrent tant bien que mal à amortir sa chute tandis qu’elle se retenait d’hurler sous le contact de ses blessures avec l’arbre. Finalement Sakura parvînt à attraper une pris, une branche de taille conséquente et pouvant parfaitement la retenir. Elle du faire un effort conséquent pour éviter de lâcher prise sous la vitesse et s’y tracta, se retrouvant à califourchon sur la branche. Soufflant un bon coup, elle dû vite se remettre en mouvement. Elle tourna la tête de tous sens, cherchant désespérément un moyen de sortir en dehors des murs de cette prison. Elle aperçu le haut muret de la demeure voisine. Sans se poser de question, elle bondit et manqua de peu de glisser, ce qui lui suffît à pousser un léger cri. Une fois sur le mur de pierre, elle monta prestement sur le toit rouge de l’hôtel particulier.

<< Toi alors, tu ne finiras jamais de m’étonner. annonça Kaoru.

– Je te retournes la compliment chérie.

– Cours chercher ton valeureux prince, pas si valeureux que ça, sachant qu’il t’as laisser te bouger, heureusement que je suis là. Kaoru sourit, outre le fait que ce mec lui semblait particulièrement entreprenant. >>

*   *

*

Sakura mît du temps avant de trouver un arrêt de bus dans les alentours. Elle dû interroger d’innombrables personnes pour arriver à ses fins. Arrivé à celui-ci, elle s’assit lourdement sur la banquette en fer froid. Le contact la fît frissonner la faisant pousser un juron. Sans plus tarder, elle attrapa ses écouteurs les fourra dans ses oreilles alluma la musique et se laissa bercer par la musique. Celle-ci l’apaisa , la faisant oublier ses courbatures et ses blessures. Comment devait-elle se comporter avec lui ? Serait-il déçu ? Serait-elle déçu ? Pourrait-elle se confier ? Si seulement tout était si simple, si il devait seulement croiser leurs regards sans piper un mot pour se faire comprendre, elle ne serait pas là à méditer sur leur rencontre. Les passants déambulaient devant elle, se rendant au bar, ou encore débauchant de leurs boulots. Ils semblaient malheureux, comme forçait par une force inconnue d’effectuer cette routine, ils se traînaient péniblement, affichant un visage cadavérique. La vie semblait si dure, elle préférerait seulement être parmi ceux qu’elle aimait avec le stricte minimum, à vivre simplement, sans contrainte. Ce qu’apercevait Sakura la dégoûtait, chaque enfant était-il finalement un destin entièrement tracé dès le départ ?

 *    *

 *

Désormais, Sakura était dans le bus menant au parc, adossé à une fenêtre. Ses cheveux sang collés à sa peau et elle soufflait sur ses mains, tentant de les réchauffer. Lorsqu’une petite bande de garçons, ceux vivant dans les bas quartiers pointèrent du nez. Elle leur donnerait son âge, pas plus. Ils étaient le genre de mec craignos, qui cherche la merde et de quoi foutre la merde également. Tous en jogging basket, d’atroces musiques sortant de leurs radios, cela n’en finissait pas pour Sakura, une soirée des plus épuisante s’annonçait et cela ne s’arrangeait pas. Alors qu’elle les quittaient du regard, ceux-ci en profitèrent pour faire savoir leur présence au sein du bus. Elle souffla désespéramment en leur tourna le dos, évitant tout contact visuel avec ces éléments perturbateurs.

<< Putain t’es fraîche viens viens j’te jure on va t’faire plaisir. lança un premier.

– C’qu’elle est bonne mec !

– Si vous n’aviez pas mon âge, je vous aurai traité de pédophile.

– Ta mère !

– Je t’autorise. >>

Elle n’attendit pas plus longtemps avant de balancer sa jambe dans un mouvement circulaire qui permit de se poser délicatement sur le visage de deux des cinq délinquants qui avaient osé la déranger. Puis elle prit son sac à l’arrache et descendit du bus, furibonde, et des hurlements aux trousses. Elle leva dignement son bras, qui fit accompagner de son majeur. Sans se retourner, elle continua son chemin, un but bien précis en tête.

*   *

*

La nuit noire avait pris place, de lourds nuages noirs empêchés d’apercevoir une quelconque étoile ou même l’astre de la nuit. L’ambiance était morbide et angoissante. Seulement le vent caressant les branches, les oiseaux du soir et la musique de quelques insectes nocturnes. Sakura avait éteint sa musique, préférant se concentrer sur le paysage s’offrant à elle. Ce calme était pesant, reflétant un sentiment de mauvaise augure en Sakura. C’est ainsi qu’elle se dirigeait vers le point de rendez-vous, appréhendant la suite à venir. La pluie semblait s’approcher, il faisait frais et humide, pourtant Sakura transpirait de plus en plus. Son ombre se déplaçait majestueusement, tel un fantôme.

Après avoir longuement marché, elle s’assis sur la fontaine éteinte à cette heure-ci, et attendit impatiemment la venue de son amant. Plus de marche arrière ou une quelconque fuite. Elle était au lieu du rendez-vous et à l’heure. Au loin, une silhouette apparut, à coup sûr son âme sœur. La silhouette se dessinait plus précisément, les couleurs apparurent, la démarche s’approfondit, les expressions se sculptaient, ses cheveux se peignaient et ses mouvements s’intensifiaient.

Sakura écarquilla les yeux de stupeur lorsqu’elle vit et comprit que cette personne était celle à qui elle avait offert son cœur.

<< Yo’ mocheté alors comme ça on a besoin de sa maman ? l’individu se comportait hautainement. >>

Les yeux de la rousse s’embuèrent de larmes, la personne qu’elle voulait le moins voir apparaître au monde se tenait droite en face d’elle. Il la surplombait de toute sa grandeur. C’en était trop, entre l’annonce de sa soit-disant famille, la révélation de l’identité de son premier amour et pour finir sa fugue… elle était à bout. Elle serrait les poings. Ça allait partir. Ses longs ongles découpaient sa peau, ses phalanges blanchissait dangereusement. Sa mâchoire se crispait douloureusement tandis que sa poitrine se relever dans un rythme effréné. Elle se mit à pleurer de rage. Elle à la haine contre sa vie, le destin ces événements destructeur. Tout ses efforts sont vains… quoiqu’elle fasse. Son entourage, sa vie lui rappelle inlassablement qu’elle est prisonnière, aucun moyen de briser ses liens, ils sont incassables, indestructibles. Elle va finir par à y croire, tout s’écroulait. Ses oreilles bourdonnaient tandis qu’elle sondait d’un œil mauvais son interlocuteur. Elle espérait que l’une des deux personnes qui lui restait serait quelqu’un d’autre, elle avait prié. Apparemment, le bon Dieu ne l’écoutais plus, depuis longtemps. Sakura était abandonnée depuis le départ. Comme les petits chiots sans défense déposé sur le bord d’une autoroute, destinés à mourir dans les heures à suivre.

Son poing parti s’écraser sur le visage de ce connard qu’elle ne connaissait que trop bien.

<< Dis-moi que tu le savais depuis le début. Tu me fais déjà mille coups au bahut à m’humilier, apparemment cela ne te suffis pas. Il faut également que tu brises tout, absolument tout ce que j’avais tenter de construire. Je te faisais confiance, mais apparemment plus la confiance est grande, plus la trahison fait mal. C’est drôle n’est-ce pas ? Rien n’est plus blessant que d’être blessé, déçu, et dans ce cas trahi, par la personne auquel je n’aurai jamais imaginé capable de la faire. T’es le pire. >

Sans perdre un instant, elle pris son sac et s’enfuit comme une lâche en courant. Ses larmes de rages se tassèrent et laissèrent place à une grande tristesse, un désespoir immense qui lui brûlait la peau et lui arrachait des cris. Pas de sa musique, seulement les notes et les accords de ses hoquets et de sa respiration sifflante. Elle rebroussait rapidement le chemin qui lui avait mené vers un enfer, elle regrettait, pourquoi ne s’était-elle pas posé des questions suite à sa proposition douteuse ? Combien du temps aurait-il continué de jouer avec elle ? Elle se sentait ridiculisé, elle se sentait aspirer par une force inconnue, des voix murmurant au creux de son oreille. Une atmosphère malfaisante prenait progressivement place dans le parc, tous semblait plus sombre qu’à l’aller. Cette fois si aucun bruit, le vent ne caressait plus les feuilles, la faune dormait à point fermé. Décidément, aujourd’hui elle avait été particulièrement violente.

Elle sortit du parc, et se dirigea vers l’arrêt de bus, en traînant désespérément des pieds. Face à l’arche en verre elle marqua une pause. Elle voulait retarder un temps soit peu l’arrivée à sa demeure, ce qui signifiait que son trajet se terminerait à pied. Tous était au ralenti autour de la rousse. Les voitures passaient lentement, pourtant elle peinait à apercevoir leurs phares. Les passants la bousculaient, elle semblait invisible aux yeux de tous, une âme errant sans but.

Sakura couru de plus belle. Elle criait, pleurer d’autant plus. Ses jambes peinait à supporter son poids et également ses sentiments. Ses cheveux rouge sang était trempé, ses vêtements étaient tels des éponges, le couinement de ses chaussures signifiait leurs absorption brutal d’eau. Ses lèvres bleutées tremblotaient, ses doigts tentaient de trouver refuge au sein de son pull et ses yeux se vidaient de tout le liquide salé qui roulé rapidement sur ses joues. C’est ce que le jargon nommait une journée bien pourrie.

*   *

*

Sakura tremblait de froid et d’une peur dévorante. Elle se tenait face à son père. Celui-ci la regardait intensément. Un mépris immense se trouvait dans ses iris noirs terrifiantes.

<< Tu te fous de moi ?

– Monsieur…

– Tu t’amuses à foutre en l’air ma sécurité, tu te casses la nuit je ne sais faire quelles conneries dehors tu t’es crus où !? >>

Un coup parti. Une colère noir s’était emparait de son géniteur. La haine le consumait. Ses yeux lançaient des éclairs, ses phalanges blanchissaient tandis que son corps se crispait.

<< Comment avons-nous pu te mettre au monde ? Une incapable, un déchet ! On voulait un mec, pas une putin de femmelette ! Tu t’es vu à chialer comme une mioche !? >>

Jamais, ôh grand damnes jamais son père ne lui avait craché de tel chose à la figure. Ils étaient encore à l’entrée, la pluie tombée à grosses gouttes. Sa poitrine montait et descendait violemment, sa joue était enflée, son arcade ouverte. Ses jambes ne tirent plus et Sakura s’écroula à terre. Son corps étaient parcouru de violents spasmes. Sa vue se floutait, ses yeux lui brûlaient. Ses sens étaient en alerte tandis qu’elle tentais d’extirper son esprit de son corps, de ce fait, évitant toutes tortures psychologiques. Elle ne sentait plus ses membres, son esprit lui hurler d’économiser ses forces pour la fuite. Ses mains devinrent moites et et tremblotantes Les insultes fusaient et les coups de pieds de son géniteur dans les côtes, les jambes et les bras la faisait hurler. Elle vît sa génitrice se déplacer dans le hall, regarder par la baie vitrée la scène jouissive qui s’offrait à elle. Finalement elle lui tourna nonchalamment le dos et détourna sa route. Soudain son père s’en aperçu et arrêta tout mouvement, se retourna et pénétra dans l’enceinte de la maison, la laissant seule sous la pluie. Elle se sentait partir, elle allait perdre rapidement connaissance. Ses paupières se firent lourdes, beaucoup trop lourdes.

<< Sakura ! >>

Elle voulait plus lutter, qu’on lui fiche la paix.

<< Bordel Sakura ! C’est Eikichi, j’dec pas reprends toi ! >>

Sakura peina à tourner la tête pour vérifier les dires. Effectivement, au bout de l’allée derrière le portail en fer, un Eikichi paniqué sous une pluie cinglante. Sakura mis tous ses efforts en œuvre, il était là, il l’attendait. Elle devait terminé jusqu’au bout. Ses jambes traînèrent difficilement son corps, son esprit se brouillait, la pluie glaciale la faisait trembler. Elle aboutit finalement à sa quête, face au portail. Eikichi lui pris le visage entre ses mains, ses yeux verts perçant rencontrèrent ceux onyx de la rousse. Sakura ouvrit le portail puis tomba dans les puissants bras d’Eikichi.

<< Ton patriarche c’est un connard, je vais le buter. >>

La rousse sourît doucement contre le torse de son ami. Elle se sentait incroyablement soulagée.

<< Déstresse, j’ai l’habitude. Il en vaut pas la peine, sincèrement. >>

Le brun serra du plus belle Sakura, elle se sentait tellement bien, rester ici sans bouger. Puis finalement, se laisser aller.

<< Sakura, je suis désolé pour ce qui t’es arrivé tout à l’heure, pour cet abruti de Taro.

– Comment tu sais..?

– Écoute, c’est mon frère, on utilise un téléphone similaire, il s’est dit : « J’vais faire chier le monde » et il a échangé le sien avec le mien. J’ai compris rapidement, je parlé avec une meuf réellement lourde… Pire que toi.

– Comment peux-tu savoir que c’était pas moi ? C’est surement une autre de ces nombreuses filles… le prénom Sakura est courant en plus de ça je te rappelle.

– Je suis amoureux de la toi virtuelle, puis je t’es rencontré et je suis également tombé amoureux de toi. Comment cela se fait-il ? S’était seulement la même personne. L’alchimie sans doute. >>

Sakura se mît à pleurer de joie, sans raison apparente. Ni une ni deux, Eikichi scella leurs lèvres le rouge aux joues, d’un geste timide. La rousse ne comprenait ni la raison de son consentement ni pourquoi ces révélations la soulageait. Le brun attira la rousse à lui.

<< Ne pose pas de question, puisque je t’aime, je veux te protéger, je peux te dire qu’avec moi tu n’auras pas vraiment l’occasion de revoir l’autre abruti. >>

Même lorsque tout va réellement mal, le temps se dégage et laisse place à quelque chose de coloré, lumineux. Cela peut-être un événement, une personne ou encore un sentiment.

<< C’que t’es laide quand tu chiale gamine. taquina le brun.

– On me l’a déjà dit. renchérit Sakura, nostalgique. >>

Sans plus de préliminaires, Eikichi l’éloigna de ce champ de bataille.


Mot des écrivaines : Toujours une alerte actionné pour les fautes apparentes. Aucune inquiétude, dans le 3ème et dernier chapitre, nous vous éclairerons.

クラ Kura Aka アカ

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