Sehai : Leçon 1

Yuzuki se déplaçait rapidement dans les rues de Tokyo, un soir de février. Emmitouflée dans ses moufles et son écharpe en laine, elle échangeait vivement avec son interlocuteur au téléphone.

 

<< Tama ! Puisque je te dis qu’il a fermé ! >>

 

La brune se renfrogna. De toute façon, cette tête de mule ne voulait pas l’écouter.

 

<< Bon écoute, j’arrive bouges pas. >>

 

Elle raccrocha sans plus de cérémonie et fourra son vieux téléphone au fond de son sac rouge. Accélérant le pas, Yuzuki rejoignit la masse tokyoïte. Traversant rapidement les passages cloutées bondées, évitant la fumée des cigarettes et les éternuements des habitants derrière leurs masques branchés et avançant machinalement à la vu de la lumière verte. Pas plus tard, elle se retrouvis dans une zone piétonne, aux jolies échoppes, apercevant quelques femmes vêtus d’un kimono en ce temps hivernal.

 

<< Comment elles font, il caille bon dieu.. >>

 

Elle se frictionna brutalement les mains, voulant effacer le frisson qui venait de la traverser. Finalement au coin d’une rue elle s’arrêta et s’adossa à un muret d’un café. C’était le lieu de rendez-vous. Les couples, les personnes âgées et les quelques cyclistes éclairés par les lanternes traditionnelles, circulaient gaiement dans ce joli quartier qu’est Yanesen. Soudain, elle entendit son prénom hurlé à plein poumon. Yuzuki analysa d’où provenait le cris, puis se retourna vers son amie, qui courrait vers elle en grandes enjambées.

 

<< Yuzu ! >>

 

Sa blonde préféré lui bondit dessus telle une enfant, tandis que Yuzuki tentait de la porter comme elle pouvait. S’essouflant, la brune ne prêta guère attention à son amie et la lâcha brusquement.

 

<< ‘Tin Yuzu ! T’abuses hein ! Je te signales que cette robe coûte une blinde ! Et tu le sais !

– Ouais ouais, c’est bon hein. Ton nœud est en train de se défaire princesse. ironisa la prénommé Yuzu. >>

 

Avec empressement, son amie refit le ruban rose habilement. Tamako était vêtue de dentelle et de nœuds par milliers, contaminée par la communauté de Sweet Lolita japonaise. Sa robe aux motifs enfantins et aux couleurs pastels, un imposant nœud rose définissait sa taille et ses manches victoriennes en blanc immaculés lui donnait un air coquet et raffiné. Ses hautes bottes roses à talons,  accessoirisées de perles et de rubans, étaient incroyablement mignonnes et allongées également ses jambes.Sa coloration d’un joli blond platine et ses lentilles bleue s’accordaient parfaitement à sa tenue. Ses multiples accessoires composées de douces couleurs était en excès. Cela lui allait indéniablement à ravir. Néanmoins, les piques que lui lançait son amie ramena Yuzuki à la réalité. Cette jeune fille en fait volcanique et exubérante, ça contrastait parfaitement avec ses allures innocentes et adorables.

 

<< Dis dis Yuzu te serai-tu saoulé sans m’attendre ? elle rigola à gorge déployé, attirant le regard des passants.

– T’es débile ? J’te signale que demain on passe un entretien.

– Franchement tu me fatigue. elle lui donna un coup de coude. Allez, rentrons, ça me tente « bof » de te ramener congeler à l’appart’. taquina Tama. >>

 

La blonde tira sans aucune délicatesse son amie dans la petite boutique. D’humeur taquine, Yuzu poussa sans ménagement la petite lolita se tenant en équilibre sur ses plateformes et s’engouffra en première dans l’étroite boutique.

 

*   *

*

 

Tamako regarda craintivement son amie. Celle-ci hurlait de rire, faisant fuir les clients, et chantait les tubes de leurs enfance d’idoles de Jpop. Elle se retourna hésitante fasse au comptoir, le gérant les surveillait, complètement dépassé par la tournure des événements. La belle blonde souhaitait seulement boire quelques verres de saké afin de décompresser la veille de l’entretient.. elle aurait du finalement rester vigilante. Elle la connaissait, sa chère Yuzu tenait très mal l’alcool. Son amie avait ensuite enchaîné rapidement les verres de boissons alcoolisés et désormais, elle se retrouvait complètement défoncé dans un restau’ blindé. Elle jurerait qu’on entende sa voix enraillée de dehors et qu’elle fasse fuir à grande enjambées les quelques courageux passants.

 

<< Et là ! Je te jure ! Le mec ma mit sa putain de main au cul ! Dans le métro ! Nan mais il s’est cru où !? On est pas chez les bisounours, y’a pas un fucking arc-en-ciel qui me sort du bide et j’chante pas du tout leurs chansons ridicules à tû-tête ! Ah oui et je t’ai pas raconté ! elle se remit à rire affreusement  fort.

– Effectivement ce n’est pas ton genre du tout.. >>

 

Son amie laissa sa tête retomber lourdement sur la table, dépitée. Tout cela, face aux rires redoublant d’intensité de la brune saoule. Finalement, bien décidé de cesser d’embêter d’avantage les clients, elle empoigna fermement le poignet de son amie qui tenait à peine sur ses jambes. Elle paya l’addition et s’excusa auprès gérant pour finir sur le seuil de la porte du restaurant. Yuzuki s’amusait à parler avec le pauvre chat errant qui passait par là, la blonde en profiter pour s’armer de son téléphone dans le but de contacter un taxi. Elles étaient toutes les deux saoules, il fallait mieux éviter d’être confronté à un contrôle d’alcoolémie. De toute façon, Tama est persuadé qu’elle sortirait un truc du type.

<< Madame, papier s’il vous plaît.

– Ciseaux ! >>

C’est ainsi, qu’après quelques paroles échangé avec son interlocuteur, Tamako agrippa le bras de son amie et la tira jusqu’à la rue passante la plus proche.

 

  ***

 

Les deux amies venait de s’engouffrer dans le taxi, un jeune homme les salua puis les questionna sur la direction à prendre. La brune hurlait à plein poumon les paroles de ses chansons favories et empestait l’alcool. S’en fut de trop pour le chauffeur lorsqu’elle ouvrit la fenêtre arrière et hurla des paroles incompréhensibles à l’attention des pigeons avoisinant. Le conducteur leur ordonna de descendre de sa voiture professionnelle, néanmoins Tamako souhaitait tout de même le payer pour sa patience.

 

<< Je m’en fou ! Par pitié descendaient ! >>

 

C’est ainsi, qu’avec peine, la blonde dû faire descendre son amie sous ses hurlement incessants et fatigants. Elle n’arrivait à comprendre comment elle trouvait la force d’hurler ainsi.

 

<< Bravo meuf. Maintenant nous sommes obligés de prendre la voiture pour rentrer à l’appartement avec tes conneries ! >>

 

  *   *

  *

 

Elles arrivèrent finalement face à leurs vieilles voitures rayées à la peinture défraîchie.

 

<< Bon, maintenant tu peux me filer les clés ?

– Les clés ?

– Oui les clés, dans ton sac.

– Mon sac ?

– Oui ton sac.

– Mon sac  ? Quel sac ?

– Bon arrête de déconner j’suis crevée et-.. Tamako lança un regard paniqué à son amie qui la regardait interrogative, ses mains étaient vides, aucunes traces du sac rouge. Oh putain de merde de queue de pompe à chiotte, le sac ! >>

 

S’en suivit une course effrénée, destination : le restaurant. Yuzuki se moquait bruyamment à la vue des dessous à pois de son amie, lorsque sa jupe avait le don de se soulever un peu trop. Elle déambulait de façon ridicule dans les rues de Yanesen. Elles s’engouffrèrent enfin dans le lieu désiré.

L’ascenseur émotionnel lorsque la blonde se rendit compte que le sac rouge n’était plus présent fut radical. Les clés de la voiture, de l’appartement, le téléphone de Yuzuki, cartes de paiements et l’absence des papiers : volés.

 

<< Mais c’est une blague… >>

 

C’est ainsi, que les mains ballantes et les jambes lourdes Tamako se rendit au dernier métro de la soirée accompagné de sa fidèle amie, fidèle également à elle-même. Étrangement suite à leurs arrivées, le wagon se vida progressivement, les gens migraient à la recherche de calme et tranquillité, souhaitant le troquer avec la brune bruyante. Son amie souffla bruyamment, la chance faisait sa radine. Tout d’abord une Yuzuki complètement défoncer, ensuite un chauffeur un peu trop impatient puis un vol de sac. Désormais il fallait se rendre à l’appartement et appeler un serrurier, par chance, à cette heure ils auront pris congé. Pour couronné le tout, demain leurs attendait à chacune un entretient d’embauche. Nickel, tout va pour le mieux du monde.

La brune dormait dans une position ridicule contre un lampadaire, ronflant bruyamment. Profitant de ce calme, Tamako appela le SOS serrurier tokyoïte.

 

<< Oui bonjour, SOS serrurier à l’écoute.

– Oui bonsoir, j’aimerai savoir s’il serai possible d’avoir un dépanneur ? Je me suis fait voler mes clés donc je ne peux pas rentrer chez moi..

– Pas de problème, nous allons vous envoyer quelqu’un, pourriez-vous me transmettre votre adresse ? >>

 

Cela faisait bien 1 bonne heure que Tama’ attendait le serrurier avec une loque sur les genoux. Finalement, une masse se dessina dans l’avenue, son sauveur.

 

<< Monsieur, ici ! ici ! >>

 

Le serrurier la salua et examina la porte de son appartement.

 

<< C’que vous n’avez pas de chance mademoiselle, déjà que c’est un service de nuit, en plus vous avez deux serrure, cela fera le double.

– Environ..?

– Environ 40 000 yen. il inséra ses outils dans la serrure. C’est qu’en plus elle résiste ! >>

 

C’est un sketch.

 

La blonde portait la brune sur son dos, puis la déposa sur le sol du petit salon. Sachant que la porte avait été forcé, elle dû déplacer la table pour éviter toute intrusion. Suite à cela, la blonde s’effondra au côté de son amie, en appréhendant le lendemain.

 

  ***

 

Cette matinée fut rude. Yuzuki était étalée sur le tapis du salon tandis que Tama dormait paisiblement dans le canapé-lit. Un petit regard à la pendule de la cuisine lui fit retrouver ses esprits. Leur entretien était dans 20 minutes. Nickel. Manquait plus que ce soit la course aujourd’hui. Yuzu se leva précipitamment pour se retrouver à nouveau sur ce tapis qui ne veut décidément pas la laisser partir. Elle avait pour seul haut son soutien gorge et son pantalon était à moitié défait.  Évidemment elle s’est cassé la gueule. Elle prit l’un de ses chaussons qu’elle propulsa dans la tronche de sa chère et tendre colocataire.

<< Bouge ton boule Tama !

– Roh putain fait pas chier de si bon…

– Tu te plaindras plus tard,  comment te dire que le rendez-vous est dans 20 minutes,  sachant qu’il y a un quart d’heure de métro. Je dis ça, je dis rien…

– Nan mais t’es sérieuse ! T’aurai pu me réveiller plus tard tant qui t’y es !

– Oh oh oh,  je viens de me lever moi aussi. Et Je te signale que j’ai la tête dans le cul avec la cuite d’hier, en plus tu tiens mieux l’alcool que moi. >>

C’est ainsi qu’elles continuèrent de se chamailler. Tama une brosse à dents la bouche, Yuzu enfilant ses chaussettes.

<< Laisse tomber,  on bouffera après, n’empêche, évite de puer.

– T’inquiète,  la technique du déodorant marche à chaque coup. rétorqua la brune. >>

Elle sortirent finalement de l’appartement, les lacets de la blonde pas encore fait et la brune une brosse dans la main.

***

Après l’épopée du métro,  les deux couillones se retrouvirent devant l’établissement, essoufflées. Les grilles s’ouvrirent miraculeusement devant leur air ébahi par tant de modernité. Le lycée possédait une façade digne des plus grands architectes, le parc comprenaient moult fontaines toutes plus ridicules les unes que les autres, les haies parfaitement taillés et l’herbe verdoyante amenait à croire que ce décors sortait tout droit d’un Disney. Un homme grand, droit et probablement cinquantenaire les attendait de pied ferme. Son costume était parfaitement repassé, ses chaussures bien cirées et ses cheveux tenaient dans une coiffure pas croyable, que même la gravité ne pouvait expliquer.

<< Je présume que vous êtes nos candidates pour le poste de professeur ?

– Parfaitement. confirma Yuzuki, d’un ton exagérément solennelle.

– Veuillez me suivre. >>

Ils slalomaient dans les couloirs du bâtiment, avec une Tama à l’air émerveillé. Au 3ème étage se tenait le quartier administratif. La belle brune avait un mal de crâne atroce et son estomac se tordait de douleur. Alors qu’ils arrivaient devant la porte de son bureau, elle du les abandonner précipitamment.

<< Excusez-moi je dois.. Aller aux toilettes ! Tenta t-elle d’articuler avant de partir en destination inconnu. >>

C’est ainsi qu’elle les laissa là, pour seul ami, le silence du couloir.
Heureusement que dans ce putain de lycée il y avait des toilettes à chaque étage ! Elle s’engouffra à l’intérieur tout en retenant ce qui titillait son œsophage.

***

Résumons, Yuzu avait une gueule de bois, puait le vomi et avait quitté son entretien dans lequel elle aurait du actuellement être présente. Ayant pour seuls amis l’eau du lavabo pour se rincer la bouche et des mouchoirs pour essuyer sa transpiration. On aurait pas pu faire pire pour un entretien dans un lycée huppé. Elle erra tel une âme en peine dans les couloirs déserts un samedi, fallait pas s’attendre à grand chose. Elle devait retourner sur ses pas et continuer ce désastre, malgré le fait que sa pance à l’heure actuelle vide, réclamait plutôt un bon ramen.

Le reste de la matinée fut atrocement gênant, Tama parlait seule face à une armoire à glace. Sa coéquipière ne lui était d’aucuns secours et c’est avec un : << On vous rappellera. >> qu’elle quittèrent l’établissement.

<< Tu t’es ratée chérie… déclara la blonde

– L’alcool est remonté qu’est-ce’que j’y peux ?! répondi  la concernée en se massant ses tempes endoloris par tous ces efforts de concentration.

– Il nous rapellera.

– On a pas assisté au même entretien ?

-Y’avait personne à part nous t’as bien vu ! assura-t-elle. >>

Yuzuki abandonna face à sa blonde et se mit en marche vers le métro. Le froid de février lui congelait les doigts et glaçait son souffle. Elle montèrent, sans grand conviction dans le métro; et constatant que toute discussion ne serait pas la bienvenue, Tama fourra ses écouteurs dans ses oreilles. Quant à la brune, elle se laissait bercer par le roulement du wagon.

À l’attente de leur arrêt; les deux amies descendirent et se dirigèrent vers leur petit appartement miteux. Leur quartier ne s’éveillant que la nuit était désert à cette heure-çi. La porte de leur immeuble sortant à moitié de ces gonds n’augurait rien de bon à quelconques passants, Leur nid d’amour se situait au second étage d’une échoppe désormais recluse et abandonnée. Pour couronner le tout les murs récemment mis au goût du jour ne correspondaient pas à la batisse initiale ce qui avait entrainé la forme contigus de l’appartement. C’est dans ce paysage si singulier que les deux jeune femmes avaient élues domicile peu après la fin de leur études respectives.

Suite à leur épopée de la veille et fauchée comme jamais les deux couillonnes n’avaient pas pus remplacer leur serrure et devaient mettre en place une installation digne des plus grand films Hollywoodiens pour rentrer et sortir de chez elles. Ne pouvant décemment pas courir le risque de voir d’ébouler chez elle un parfait inconnus; elles avaient plus ou moins condamné la porte de l’intérieur avec une chaîne qui ne permettait que de l’ouvrir une fois dans l’appart. Elles avaient ingénieusement imaginés que l’une d’elle se dévouerait pour passer par la fenêtre et ouvrir une fois à l’intérieur à l’autre. La fenêtre étant caché par une armoire en bois qu’elle bougeait en fonction de leur déplacement.

Une fois cette acrobatie réalisée, Yuzu et Tama se transformèrent en boule sur leur canapé lit épuisée par ce concours de circonstance. Finalement après quelques minutes de coma intense Yuzu s’extirpa l’objet de la tentation et déclara :

<< Heureusement que le chômage au Japon est inexistant faut que j’me dégotte un autre boulot. >> 

Elle se dirigea vers son ordinateur portable seule preuve de sa vie autrefois noyée dans le confort. Elle pianota divers mots clés dans la barre de recherche pour finalement tombée sur une offre de serveuse dans un bar non loin de leur habitat. Requinqué elle se décida à s’habiller élégamment et CV en main quitta Tama.

<< Ce soir je me refais une gueule ! >>

***

Cela faisait plusieurs minutes que la jeune femme conversait aimablement avec son éventuel futur employeur. Mais malgré toute sa bonne volonté elle se retrouvait dans l’incapacité de lui fournir toutes les informations nécessaires.

<< -Donc si j’comprends bien tu n’as pas de papiers ? 

-Ouais c’est ça

– Un numéro ou je pourrais te joindre ? 

– Il se trouve que j’ai perdus mon sac à main dans lequel y avait aussi ce fucking téléphone ! dit elle en riant.

– Et un fixe du coup ? Répondit-il avec un sourire qui fit imaginer des choses peu catholiques à son interlocu(cul)trice.

– Si je demandes un poste de serveuse à mis temps ce que j’roules pas sur l’or, donc pas de fixe non plus. Ironisa-t-elle.

– Boh et ton adresse, et me sors pas que tu vis dans un carton par pitié ! >>

Ils se mirent tout les deux à rire et parlèrent tranquillement dans un cadre non professionnel. Ils parlèrent pendant un bout de temps ce dernier oscillait entre son travail et la compagnie de son éventuelle serveuse. Les heures défilèrent, l’horloge indiquait minuit.

<< Je peux t’offrir un verre  ? >>

Inutile d’être un génie pour deviner que ce genre de phrase n’augure rien de bon. Yuzuki était assise seule sur un tabouret et conversait parfaitement sobre avec le barman qu’elle déshabillait du regard, quand un gamin au l’allure chétive l’incita à consommer. Contrainte de stopper son fantasme, c’est agacé qu’elle grommela un non, alors que le gamin lui passait le bras par dessus l’épaule. Il ne devait pas être âgé, tout juste 17 ans. On pouvait clairement constater quelques boutons d’acné cachés à l’aide de fond de teint. Cela faisait toujours rire intérieurement la brune que des hommes se maquillent, quoique dans son cas le mot exact serait plutôt mioche.

<< Je t’ai remarqué seule au bar, je me permet de t’imposer ma charmante compagnie. Débita t-il avec un sourire qu’il voulait charmeur. Yuzuki ennuyée par ce parfait inconnus réfléchissais à la manière dont elle pourrait le faire taire.

– Je t’offres quoi ?

-Une flûtes de champagne dans ce cas. Répondit elle amusée de sa réaction. Son visage s’était décomposé en quelques secondes mais il s’était vite ressaisit. Toute femme savait que commander du champagne était la parfaite technique pour faire fuir les importuns. Même si elle était sure que celui-çi lui paierait son verre il ne lui demanderait pas son numéro.

– Bien sur, en échange je peux te demander ton nom et ton numéro ? >>

Mon dieu quel con.

<< Pour un lycéen tu aimes te ruiner et baratiner. Dommage mais je couche pas avec les puceaux ! lâcha-t-elle en guise de réponse. >>

Elle le planta là sans aucunes vergogne avant de se rendre compte qu’elle n’avait pas réussie a obtenir le numéro personnel de son beau barman. Furieuse contre cet idiot elle marcha plus vite mais s’arrêta soudainement. Il neigeait. Ce n’était pas rare de voir de la neige à Tokyo mais la brunette savait savourer les choses simples et admiré les flocons blanchâtres en faisaient partis.

Emmitouflée dans son manteau gris et son écharpe tricolore, elle accélérait le pas. Elle devait rentrer chez elle mais la compagnie de sa coloc ne l’enchanter guère. Pas qu’elle n’aime plus sa meilleure amie mais elle en voulait quelque peu à Tamako de l’avoir laisser se saouler. Après une bonne nuit de sommeil elle pourrait rire de cet entretien cocasse mais pour l’heure ses membres frigorifiés réclamaient une couette bien chaude. Elle savait très bien vers où se diriger. Elle faillit glisser sur une plaque de gèle mais se rattrapa de justesse à un poteau. Le quartier devenait de plus en plus familial. Les maisons classique un peu européanisé étaient silencieuse et plongé dans le noir le plus complet. Seul les quelques réverbères qui peuplaient la rue éclairait Yuzuki. Cette dernière s’arrêta devant un portillon en bois qu’elle enjamba sans peine. La maison à laquelle elle fit fasse était simple mais spacieuse. Façade beige, une baie vitrée donnant sur le jardin ou une fine pellicule de neige était tombée, un balcon, et des fenêtres closes. Seul la cuisine était baignée par la faible lumière du micro-onde. Yuzuki entra sans gêne et alluma le plafonnier du salon en quête d’une couverture avec laquelle passer la nuit.

 

<< Mais qu’est-ce-que tu fiches ici ? 

– À ton avis cher « grand frère » ? Je dors ici. répondit sa petite soeur.

– T’as un appart j’te signale. Arrête de t’inviter chez moi c’est pas un hôtel.

– C’est pas comme si je te ramener une conquête, n’exagérons rien ! Conclue t-elle >>

 

Son frère soupira, Hiroto Uno connaissait sa soeur comme personne mais ses brusques invitations le surprenait toujours pour ne pas dire saoulait. Il était de 22 ans son ainé mais en sa présence ses 46 ans n’avait plus aucune importance. Hiroto n’avait pas le temps de gérer le pourquoi du comment; sa petite soeur s’était invité chez lui point à la ligne. Son fils lui donnait suffisamment de fil à retordre il n’avait que faire des explications de la présence de sa jeune soeur qu’elle ne lui donnerait assurément pas. Il lui attrapa plusieurs couettes et un coussin qu’il balança sur le canapé lui faisant comprendre qu’elle passerait la nuit là-dessus.

 

<< Et ton entretien au faite ?

– Un fiasco de mon point de vue, une réussite de celui de Tama.

– Tamako ? J’avais oublié qu’elle voulait devenir prof aussi. dit il plus pour lui même.

– C’est quoi ce boucans on peut plus roupiller tranquille dans cette baraque !

– Ah l’mioche ! clama Yuzuki. >>

 

Elle ébouriffa la tignasse de son neveu Souta. Ils ne se ressemblaient décidément pas dans cette famille. Elle était brune tout comme son père et sa mère alors que son frère avait les cheveux flamboyant. Cette différence capillaire les avaient toujours fait rire plus jeunes bien que sa naissance avait été un accident pour ses parents elle trouvait ça drôle comme histoire. Ces derniers habitaient dans la région de Kyoto dans une maison très traditionnel près d’une rivière. Ce qu’elle trouvait cliché à mort. Elle n’allait pas les voir souvent mais les appelés régulièrement. C’est peu être car son frère avait quitté la maison très tôt qu’elle-même s’était sentie obligé de quitter le nid à 18 ans pour faire ses études à Tokyo. En vérité il y avait d’autres raisons à ce brutal départ mais elle avait toujours refusé de les prendre en compte.

Elle caressait toujours la tête de son neveu songeuse quand il se diriga vers la cuisine.

 

<< T’as pas école demain ? hasarda sa tante.

– Et toi tu bosses pas demain ?

– T’es trop jeune pour me répondre comme ça. ironisa t-elle

– Je vais avoir dix-huit ans dans deux semaines Tati. >>

 

Ce chiffre lui fit l’effet d’une gifle. Dix-huit ans, déjà. Elle le revoyait plus jeune lorsqu’elle même n’était que collégienne, à l’époque elle se faisait un peu d’argent en le gardant. Ce gamin n’avait pas de chance c’était ce qu’elle s’était dit et ce qu’elle se disait toujours à 25 ans.

 

<< Peu importe t’es toujours mon Sou-kun ! chantonna t-elle toute sourire sachant l’aversion profonde qu’il avait pour les surnoms récurrents de sa tante.

– Tch ! fit il avec une grimace de dégout. >>

 

***

 

La soirée s’était achevée lorsque Souta et son père étaient retournés se coucher. Yuzuki de son cotés était désormais sous les draps et rêvait paisiblement lorsqu’au même moment le mail suivant arrivé sur son ord :

 

<< Mademoiselle Uno,

Je vous informes que vous avez été retenus pour le poste. Veuillez vous présenter le 14 Février pour prendre connaissance de vos fonctions. Bien à vous. >>

 

Elle ne se réveilla pas pour autant.

 


 

Voila le 1er chapitre enfin pondue ! On s’set crue dans un drama avec toutes leur galères ! xD

Surtout mettez nous vos avis en commentaires C’EST PRIMORDIAL ! c:

 

クラ Kura & Aka アカ

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