Le théâtre Nô.

Le nôgaku et la fusion entre le nô et le kyôgen.

Pionnier du patrimoine traditionnel japonais, le nô tient ses origines du Sarugaku qui entrelace danse et textes comiques et des cérémonies bouddhistes faîtes aux divinités.

Cet art est extrêmement codifié (les costumes, l’espace scénique, les personnages même l’organisation et la structure de la pièce) et se transmet seulement de père en fils. C’est le dramaturge Zeami qui a bâtis ses plus grands principes.

Le nô diffère énormément du théâtre européen. Contrairement à celui-ci, les dialogues sont seulement des accessoires, la pièce se concentre plus sur le chant et la danse Okina.


L’espace scénique : un espace sacré

La scène du théâtre est organisée de façon particulière.

Celle-ci est composé du plateau principal « butai » orné d’une peinture de pin au fond et les quatres piliers disposés à chacun des coins délimitent la zone sacrée. Une passerelle à gauche fait
office d’entrée pour les acteurs (point de vue spectateur). Tout ceci est surmontée d’un toit et entouré de gravier et de pin.


Les acteurs et l’orchestre en diapason

Il y a différentes catégories d’acteurs : Le shitekata <<celui qui fait, qui agit>> ; le wakikata <<celui du côté>> et le kyogenkata.

Le shitekata (shite) est le plus représenté. Généralement, il tient le rôle principal, le plus complexe. Vêtu majestueusement, il chante et danse (Okina.) Le wakikata (waki) joue le personnage secondaire. Il n’est pas rare que ce soit un moine sobrement vêtu. Le kyôgenkata (kyôgen) joue des rôles « populaires ». Ces acteurs constituent une grande richesse pour le théâtre nô. Ils joues dans les « entres-scènes » nommés les « ai-kyogen ».

À l’arrière de la scène, se tient l’orchestre composé de tambours et de flûtes. Celui-ci permet d’exprimer, grâce au rythme, ce qu’évoque chaque personnage et accompagne les parties de chant et de danse.

La danse est un élément primordial dans le théâtre nô. Compte tenu de son intensité et son élégance, elle permet de caractériser le personnage sur scène.

À droite est disposé un chœur comprenant, 4, 8 ou 16 chanteurs.


La journée du nô

Le théâtre nô se déroulait sur une journée, divisé en 5 nô et 4 kyôgen. Néanmoins, la durée de la pièce est limitée afin de s’adapter au public. Le fait de réduire la durée serait vu comme réducteur, brisant le mythe de l’harmonie et l’impact psychologique.

Au théâtre nô, les scènes ne sont pas disposées de façon aléatoire. Celles-ci suivent le « degré de réceptivité du public ».

Le premier nô est le « nô des dieux ». Celui-ci permet de marquer une rupture avec le quotidien. S’y déroule la rencontre avec le prêtre (waki) et la divinité (shite.) Durant ce nô on bénit le public.

Entre chaque nô est joué un ai-kyôgen. C’est une forme comique du théâtre traditionnel japonais. Il permet de relâcher l’athmosphère inflexible propre au nô.

S’en suit le « nô des guerriers ». Il suit un guerrier mort et relate ses tourments humains avec des chroniques épiques. Il est plus complexe et poétique.

À nouveau un ai-kyôgen.

À cet instant a lieu le pic d’attention, donc on y joue le « nô des femmes ». C’est l’histoire de l’esprit d’une belle femme au passé tragique. Il a une forte valeur esthétique et traditionnelle. On assiste à une danse gracieuse d’Okina.

Au 3e ai-kyogen, l’attention décline.

Puisque l’attention décroit, vient un nô plus simple. Il s’agit du « nô varié ». Il est mal défini, mais on y met tous les nô inclassables.

Enfin le dernier ai-kyôgen de la pièce.

Le dernier est le « nô des démons ». Les personnages sont surnaturels et peuplent l’enfer bouddhique. Le rythme rapide de ce nô est exprimé dans une danse rythmée.

Toutes ces pièces sont régis par le principe <<Jo, Ha, Kyû>> signifiant littéralement introduction, nœud et dénouement.


Les costumes nô ? Bas les masques !

Les costumes retranscrivent l’histoire, la vie d’un personnage. Ils ont des significations propres en fonction de leurs couleurs, motifs. Chaque élément ont un sens. Ils peuvent révéler l’humeur, le sexe, l’âge, des sentiments et tout ces éléments tissent le personnage bien avant qu’il ne joue.

On ne met pas le masque, on lui demande de fusionner avec soi.” Planète Japon – Nôgaku, l’énergie vient du sol

Ce titre est extrêmement bien choisit, car les masques permettent d’exprimer les sentiments et la personnalité du personnage en gardant le visage neutre.

Masque_02Les masques détiennent un rôle majeur et il en existe 300 sortes. Ils sont sculptés dans du bois de cyprès et offre une vue restreinte au comédien. Tous les personnages en portent, outre rares exceptions. Il existe 6 grandes catégories de masques : Les masques de l’Okina, de femmes, de vieillards, d’esprits, d’hommes et de démons.

Tous les acteurs y compris les musiciens sont munis d’un éventail. L’éventail peut mimer un autre objet tel un sabre, ou un élément de la nature comme la pluie. Le personnage peut exprimer, en fonction des motifs et couleurs imprimé sur l’éventail, son humeur et son état d’esprit.

Les costumes sont issus des luxueuses tenues de nobles et de samouraï. Il n’était pas rare que les nobles offrent leurs vêtements aux acteurs.

Que devient le nô dans notre société actuelle ?

Entre le XVIème et XIXème siècle, le théâtre nô était un divertissement réservé à l’aristocratie japonaise. Désormais, celui-ci est visible aux yeux de tout le monde et toujours joué par des milliers de comédiens. Cet art est toujours considéré comme étant un art évoquant raffinement, aristocratie de vie, et pantomimes.

Où peut-on étudier le nô ?

Les acteurs de nô étudient leur art dans des écoles spécialisés de Kyoto ou Tokyo. Il y apprendra le chant, la danse, la comédie et jouer des instruments. Au japon il existe 5 grandes familles. Néanmoins, le kyôgentaka étudiera dans une école spécialisé, à part du nô. (Pour plus de renseignement à ce sujet, voir l’interview Kuroemon Katayama, maître de l’école Kanze, dans le magazine “Planète Japon” n°37.)


Sources : Vivre le Japon - Le théâtre Nô / Wikipédia - Nô / Initiation au Théâtre Nô / IndexGrafik - Les masques de théâtre Nô / Planète Japon – Nôgaku, l'énergie vient du sol

クラ Kura

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