Breathe : 3. Des fleurs fissurés pour notre Tragédie

<< Et le printemps et la verdure
Ont tant humilié mon coeur,
Que j’ai puni sur une fleur
L’insolence de la Nature.

– Extrait de À celle qui est trop gaie

Charles Baudelaire, Les fleurs du mal>>

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 10 avril 2009,

Lycée de Gangnam

 

Le soleil chauffait l’enceinte du bâtiment avec une véhémence inutile. Tout le monde savait que la pluie ne tarderait pas à régner à nouveau sur l’olympe. Néanmoins les élèves profitaient tous de cette courte interruption pour prendre l’air et dorer comme des marmottes. Les plus assidus travaillaient ou révisaient à la bibliothèque. Et quand à la majorité, ils préféraient glander dans les couloirs.

Taehyung faisait partis de la majorité. Lui et son groupe avaient élus domicile dans la cours près du grand chêne. Tous à ses pieds, ils plaisantaient gaiement. Parfois, certains se lever pour faire les pitres ou bien s’en aller à la recherche d’encas. Leur lycée était privé, comme la plupart de ceux qui peuplés leur quartier de richouilles. Et il ne leur était donc pas permis de déconner. Les filles se devaient de surveiller la longueur de leur jupe et les garçons étaient contraints de bien boutonner leur chemise. Les coupes de cheveux quelques soit le genre étaient méticuleusement inspecté et évidemment aucune couleur extravagante n’étaient autorisée. Les couples ne pouvaient profiter de leur moitié sous peine de punition. Leur école avait parfois des airs militaires pensait souvent Taehyung. Malgré tout il prenait plaisir à se lever chaque matin. Une chance qui n’était pas donné à tout le monde. Ses amis étaient de vrais amis sur lesquels il pouvait compter. Leur groupe étaient un peu tiré par les cheveux mais il les aimait tous.

 

<< Hey tu pensais à quoi ? >>

 

De tous ceux qui peuplaient sa bande, Jungkook était sans aucuns doutes son meilleur ami. Ils se connaissaient depuis le collège et avaient obtenus ensemble ce lycée. Il était attentionné et prévenant, des qualités que le châtains appréciait particulièrement. Deux vrais frères.

 

<< À vous, répondit-il du tac au tac. >>

 

Sujeong se retourna vers lui, un sourire radieux scotché aux lèvres. La jeune fille était du genre à se satisfaire de petits plaisirs. Sous ses allures de collégienne fleur bleue et clichée, se cachait un personnage plus chaleureux et bienveillant; celui de la mère. Ils l’avaient tous découverts récemment en allant finir leur devoir chez elle. Trahie par sa déco passablement kitsch, et ses manies parentales tel que réajuster leur uniforme ou bien leur essuyer le coin de la bouche. Des tics que Taehyung trouvait personnellement adorable.

Quand aux autres ils avaient plus tendance à penser que les gens bizarres s’attiraient.

 

<< Ooh Tae-chi ! roucoula une voix aigue et moqueuse.

– Hé ! se plaignit le châtain en sentant une masse s’allonger sur son torse.

– Descends de la Baek’, ordonna Namjoon. >>

 

Le dénommé Baek’, abréviation de Baekhyun, fit une moue gamine en se retirant de sa victime. Une vraie araignée. Sauf que les araignées n’étaient pas spécialement belle à l’inverse de son agresseur, une machine à phéromone à lui seul. Quand à Namjoon il avait un charisme naturel. Mais à cause de ses penchants secs et froids, il avait une réputation de mec peu fréquentable. Oui, enfin quand ça arrangeait les gens. Car tout comme Baekhyun, Namjoon jouissait d’un patrimoine génétique fort avantageux. Ils avaient presque un fanclub. Parfois, Taehung avait l’impression d’être amis avec de vrais mannequins. Un sentiment un peu rageant puisque, lui même se trouvait passable comme individus. Pas immense, pas spécialement beau, à la limite du banal. La seule chose qui le sauvait c’était son sourire. C’était sans doutes pour ça qu’il ne passait pas inaperçus même sans sa bande.

 

<< Dire que c’est la dernière année qu’on passe tous ensemble… soupira Jungkook en s’étirant comme un chat. >>

 

C’est vrai, l’année prochaine Namjoon et Baekhyun s’en iraient vers leur vie d’adulte. Taehyung ne savait pas ce qu’il comptait faire plus tard. D’ordinaire, ils évitaient tous de parler de notes, de résultats, d’écoles, d’avenirs ect. N’étant pas des têtes de classes ils préféraient parler d’autre chose. Cela ne dérangeait personne, et le châtains n’avait rien à y redire. Mais à la pensée de devoir dire adieu à ses ainés, son coeur se serra.

 

<< Tu parles trop tôt, répliqua Namjoon. Il est encore temps pour que Baek’ foire ses exams. >>

 

Sa blague fut accueillie par un regards meurtrier du concerné, qui lui balança le bouquin de philo de Sujeong à la figure. Cette dernière regarda la scène en lâchant un soupir attendris. Oui, parfois elle était réellement étrange.

 

<< Hé c’est pas la nana qui t’as versé une canette sur le crâne ? hasarda Baekhyun en désignant du menton une jeune fille passant dans la cour.

– Ah si ! Fallait que je lui donnes quelque chose ! s’exclama soudain Taehyung en se levant précipitamment sous les regards interloqués de ses amis. D’habitude on allait pas voir les gens qui nous agressaient ainsi. >>

 

Mais Kim Taehyung était une exception à lui seul.

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Assise à la table d’un café, Yongsun sirotait son Milkshake banane-fraise, l’esprit dans le vague. Devant elle, son manuel de psychologie était ouvert sans qu’elle y est jeté un coup d’oeil depuis plus d’une demi heure. Elle s’était arrêté à un chapitre particulièrement intéressant : la psychologie sociale. C’était incroyable de se rendre compte que nos buts, nos croyances, nos principes avaient un rôle avec notre environnement et notre entourage. Nos émotions et nos pensées ne sont que le fruit des agissements passés d’autrui. Mais cette théorie devenait encore plus passionnante quand on commençait à en voir l’utilité.

Si on pouvait forcer la population à penser et à agir d’une certaine manière, alors on pouvait faire notre loi. C’était une sorte de conditionnement pas encore atteint, bien heureusement.

C’était comme ça que Yongsun s’était interrogée sur sa propre personnalité, sur les agissements qui l’avait rendus ainsi. Elle pensa à sa famille; les premiers à avoir eut une influence sur elle, puis à son environnement scolaire, et enfin à son mode de vie une fois adulte. À quel moment avait-elle manqué le tournant ? Y en avait-il un au moins ? Tant de question qui ne la fera jamais avancer, et ce, peut importe leurs traitements.

La blonde le savait pourtant, à trop cogiter on finit par devenir fou. C’est peut être pour ça qu’elle n’aimait pas la psychologie. Elle était intéressante, mais surtout déroutante et effrayante.

 

<< L’addition s’il vous plaît, appela-t-elle en rassemblant ses livres. >>

 

Mais au moment de tout fourrer dans son sac elle sentit son cellulaire vibrer contre le flanc de sa main. Un message. De Moonbyul.

 

« 12:16

Hey Unnie ! Ca te dit un verre ? Si oui, rendez-vous devant ta fac à la fin des cours ?  »

 

La jeune femme crut avaler de travers sa salive. Depuis le temps qu’elle attendait un signe de vie de la part de la rouquine ! Elle alla si vite en tapant sa réponse qu’elle fit une faute de grammaire à chaque mot. Mais c’était dit. Ce soir elles se reverraient devant sa fac à 18h.

La blondinette jubilait au point d’en sautiller sur place. Le serveur l’a dévisagea d’ailleurs avec un drôle de regard. Mais elle ne le remarqua même pas. Elle n’était plus que joie infantile.

Elle régla et sortit. Sa pause déjeuné était presque finit et elle mourrait d’envie de la prolonger. Son esprit n’était pas enclin à étudier l’appareil digestif de l’humain, mais plutôt prit dans l’élaboration d’une scène excessivement cul-cul la praline aux cotés de Moonbyul. Elle rougit comme une collégienne en y pensant. Elle était ridicule, un simple rendez-vous qui plus est entre amies n’était pas censé la faire cogiter autant.

Certes elle appréciait réellement sa nouvelle amie, mais elle devait garder en tête qu’elles ne se connaissaient que depuis 1 semaine. Yongsun ne devait pas s’attacher trop vite aux gens. C’était mauvais, simplement mauvais.

Elle cessa son débat intérieur en arrivant devant sa fac de médecine, un bijoux d’architecture moderne. Elle traversa l’immense hall et se dirigea dans sa salle. Elle s’assit, seule, une fois de plus. Les relations sociales n’étaient pas vraiment son truc. C’était peut-être pour cela qu’être avec la rouquine l’intimidait autant. Le cours commença, la salle était surchargée comme toujours. Les étudiants de médecines ne plaisantaient vraiment pas avec les cours. Yongsun, elle, se trouvait suffisamment studieuse concernant ses études. Au fond, elle savait qu’elle devait travailler plus sérieusement mais sa fierté l’en empêchait. C’était tellement pathétique de passer ses soirées à réviser au lieu de sortir s’amuser. Sur ce point là, elle jalousait à en mourir sa soeur ainée. Elle ne passait pas son temps enfermée dans leur appart. Mais même si Yongsun aurait voulu sortir s’amuser, la perspective d’être seule ne l’enchantait pas. Elle soupira si bruyamment que ses voisins se retournèrent en la condamnant du regard. Gênée elle se replongea dans les paroles de son professeur.

Quand la sonnerie retentit, tous les étudiants se précipitèrent vers la sortie pour se rendre à leur cours suivant. La blondinette quand à elle prit son temps pour ranger ses affaires. Elle n’était franchement pas pressée d’aller dans sa classe de dermatologie.

 

<< Ah ! Mademoiselle Kim, l’interpella son professeur. Vous connaissez peut être l’intérim Park ? >>

 

Yongsun secoua la tête négativement. C’était la première fois qu’elle entendait parler du jeune homme face à elle.

 

<< Il travaille à l’hôpital de Séoul, je crois savoir que vous vouliez effectuer un stage là-bas n’est-ce pas ? >>

 

La jeune fille en resta statufiée et bégaya un << Oui merci >> maladroit avant de s’incliner comme marque de respect. En relevant les yeux, elle croisa ceux azurs de l’infirmier. Il était brun, les oreilles décollés, et un sourire béat accroché aux lèvres. Mais le plus frappant était sa taille. Il la dépassait d’au moins 2 tête. Il lui tendit sa main et articula quelque chose qui tomba dans l’oreille d’un sourd.

 

<< P-pardon ? demanda t-elle.

– Je disais : Enchanté de vous rencontrer je suis Park Chanyeol, répéta-t-il sans se départir de son grand sourire.

– Ah oui enchantée de même, répondit maladroitement Yongsun en s’inclinant à nouveau. >>

 

Le professeur de la jeune fille les interrompit en leur demandant de quitter la salle. Une fois dans le couloir, la blondinette ne savait pas quoi faire. Elle aurait du filer en salle 23 et écouter avec attention les dangers du soleil pour la peau mais elle trouvait impolie de laisser le jeune homme dans le couloir.

 

<< Euh… Quand commencera mon stage ? demanda t-elle timidement.

– Quand vous me donnerez votre nom pour commencer, plaisanta-t-il. Mais officiellement il commence le 27, rajouta t-il en avisant le teint rouge pivoine de Yongsun.

– Merci.. bredouilla t-elle avant de s’éclipser, morte de honte. >>

 

Décidément ses réactions étaient beaucoup trop excessives. Il n’avait fait que plaisanter et elle s’était immédiatement sentie intimidée. Il devait la trouvait stupide.

Elle avait courue 100 mètres quand une main la agrippa le bras, la forçant cesser sa course. Elle se retourna prestement et tomba à nouveau sur les yeux azurs de l’infirmier Park.

 

<< Vous ne m’avez toujours pas donné votre nom ! dit-il en éclatant de rire. >>

 

Là, c’était sure, il devait franchement la trouver stupide.

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Taehyung s’était presque jeté sur elle. Il avait attiré tout les regards de la foule sur eux deux, surtout quand Wheein s’était mise à crier, surprise. Mais en constatant qu’il ne s’agissait que du brun, sa frayeur retomba.

 

<< Qu’est-ce que tu me veux ? demanda t-elle le ton sec. >>

 

Le lycéen, pour toute réponse, lui lança un sourire énigmatique en l’entraînant dans l’enceinte du bâtiment. Wheein avait évidemment tentée de se soustraire à la poigne qu’exercée la main du jeune homme sur son avant bras, en vain. Il la relâcha en arrivant face au distributeur. Exaspérée de ce comportement, la jeune fille considéra l’objet avec un mépris apparent.

 

<< Le distributeur, d’accord et puis ? >>

 

Le jeune homme ne releva pas sa question chargée de dédain et se contenta d’introduire une puis deux pièces dans la fente de la machine. Dans un fracas de métal, une canette dévala les étages de boissons et de snacks pour venir s’écraser dans le compartiment où Taehyung engouffra sa main.

Il la lui tendit, fièrement, tel un trophée.

 

<< T’attends quoi ? Une médaille ? railla-t-elle. >>

 

Le brun agrandis les yeux, comme si son interlocutrice venait de lui sortir que 2×3 faisait 8. Baissant le bras et déclara interloqué :

 

<< Je te devais une cannette… T’as jeté la tienne sur moi et je ne t’avais pas encore remboursé alors voila. >>

 

Il releva une nouvelle fois le bras et de l’autre ouvrit la paume de la jeune fille pour la forcer à accepter son geste. Wheein baissa les yeux vers l’objet en question, il s’agissait bien de la même boisson qu’elle avait verser sur le crâne de son vis à vis quelques jours auparavant. Stupéfaite de la stupidité désormais confirmé de son camarade, elle resta interdite face à lui. Ce dernier avait toujours son exaspérant sourire collé au visage. Vraiment, Wheein se demandait toujours comment elle faisait pour ne pas l’étriper en le croisant chaque jour. Mais elle se souvint soudainement des types de personnes qui faisait partie de son entourage. Elle n’avait pas franchement envie de se friter avec Kim Namjoon. Les fentes qui lui servaient d’yeux étaient suffisamment effrayantes pour qu’elle n’ait pas envie de les sentir à quelques centimètres de son visage, pendant que cet excité de Baekhyun la menacerait de lui tordre le bras si elle s’approchait de nouveau de leur camarde.

Non vraiment cette perspective n’avait rien d’alléchante.

 

<< Enfaite se serait plus à moi que reviendrait cette canette, déclara une voix. >>

 

Les deux jeunes gens se retournèrent vers la source de cette déclaration et tombèrent nez à nez avec Minhyuk. Le noeud du problème, songea la brunette.

 

<< Eh ? Pourquoi ? demanda Taehyung curieux de cette subite interruption.

– Parce que c’était ma cannette, celle qu’elle t’as versé sur la tête.

– Oh je vois. >>

 

Il se tourna vers le jeune homme et lui tendit la sainte canette, à l’origine de ce foin.

Wheein soupira d’exaspération et contourna les lycéens.

 

<< Hé ! Tu me dois aussi les cours que tu as « accidentellement » fait tombé dans mon plat, dit-il en mimant des guillemets. >>

 

Sérieusement ? Ce gars n’allait pas faire long feu à l’asticoter ainsi. Elle lui répliqua un << Pardon ? >> tranchant dont elle avait le secret. Nullement impressionné par son ton glacial, le jeune homme soutint son regard. Un sourire narquois naquit même sur ses lèvres, ne rassurant guère sa vis à vis. Il les saisit chacun par l’épaule ne leur laissant aucuns échappatoires possibles et les traîna dans une salle de classe où un vieil homme à la bedaine rangeait ses affaires.

 

<< Monsieur j’ai trouvé nos personnages principaux ! s’exclama gaiement Minhyuk. >>

 

Son vis à vis resta muet quelques instants en scrutant du regard Wheein et Taehyung. Après ce qui leur sembla une éternité il demanda :

 

<< Vous êtes d’accords pour jouer dans la pièce que le club de théâtre monte pour la fête de l’école ? >>

 

Ses yeux suintaient l’espoir et ses mains s’étaient accrochés aux mains des deux lycéens, toujours prisonniers des bras du plus âgé.

Wheein réalisant enfin qu’on lui avait parlé déclara d’une voix forte :

 

<< Non jamais ! / Oui avec grand plaisir ! >>

 

Ils avaient parlé en même temps, mais pas pour répondre la même chose. Les regards des trois homme se tournèrent comme les aiguilles d’une boussole vers la brunette.

 

<< Hein ? Pourquoi ? geint d’une manière insupportable Taehyung. >>

 

La brune lui décocha un regard empli de dégoût avant de déclarer en s’extirpant enfin du bras de son ainé :

 

<< C’est ringard les pièces de théâtre. >>

 

Et sur ces paroles elle les planta, laissant le pauvre professeur sexagénaire se décomposer sur place.

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C’était la dernière sonnerie. Soit la délivrance aux yeux de Yongsun. Sans se soucier de l’état futur de ses cahiers, elle les fourra sans vergogne dans son sac, et se précipita vers la porte. Elle dévala à toutes allures les escaliers et atteint le portail le coeur battant.

En passant devant les grandes bais vitrées de sa fac, Yongsun loucha sur sa tenue. Mais quelle imbécile ! Elle n’avait pas pensé une seule seconde à son accoutrement. Et jeans, tee-shirt, baskets n’étaient clairement pas le combo gagnant. Soudain la blondinette réalisa ce sur quoi portait ses pensées. Toute sa vie elle avait approuvé une certaine fierté à être différente des autres filles qu’elle avait pu rencontrer. Jamais elle n’avait séché un cours à papoter dans les toilettes, sur quels genres de mascaras étiraient les cils et sur le rose d’un blush. Ce type de préoccupations lui étaient toujours passées par dessus la tête alors, maintenant qu’elle était adulte elle y mettait de l’importance ? Décidément la rouquine lui avait retourné le cerveau.

En parlant de cette dernière, elle l’avait repéré. Debout, les mains dans dans son bomber, un jean bleu et des docs aux pieds. Même dans la plus simple des tenues Moonbyul restait belle. Si belle qu’un groupe vint lui adresser la parole. Yongsun sentit un petit pincement lui serrer le coeur quand un sourire passa sur le visage de Moonbyul. Un sourire qui ne lui était pas adressé. Quand le petit groupe s’éloigna enfin, adressant de polies saluts à la rousse l’étudiante osa enfin s’approcher.

 

<< Yongsun ! s’exclama sa vis à vis en la voyant s’approcher en catimini. >>

 

Pour toute réponse, la blondinette marmonna un « Bonjour » les joues rouges à la façon d’une brûlure du second degrés. Néanmoins les lèvres de la rousse s’étirèrent en un sourire chaleureux qui rassura grandement la jeune femme. Finalement, elle aussi avait le droit à ces sourires là.

Elles ne tardèrent pas à quitter la fac de la blondinette pour les rues bondées de Séoul. Ce fut un calvaire. D’ordinaire une fois qu’elle sortait des cours, Yongsun se dirigeait immédiatement vers l’arrêt de bus le plus proche, une tâche pas bien éprouvante puisque que la ligne qu’elle prenait en avait postée un arrêt un pile en face de son école. Alors quelle expérience que celle de marcher parmi une foule compacte qui se fichait bien de votre existence, l’important pour elle était de marcher. Le plus vite possible.

Mais Yongsun tint bon, même si on l’avait bousculé, même si ses pieds avaient été pris pour le trottoir. En réalité le plus compliqué avait surtout été de ne pas perdre la rousse. Certes elle la dépassait, certes elle aurait repéré son dos n’importe où, mais si elle ne le voyait pas ça se compliquéait. Car jusqu’à preuve du contraire la jeune femme ne possédait pas d’oeil super-bionique avec une vision X intégrée. Et à cause des pas monstrueusement grand de la rouquine elle avait été poussée ou saisit d’une adrénaline mystérieuse, à agripper sa veste du bout des doigts. Moonbyul avait du ressentir une légère pression au niveau du dos puisqu’elle esquissa un mouvement de tête pour regarder derrière elle.

Quand elles s’extirpèrent enfin de la foule, ce fut pour une petite rue baignait par la chaleur du printemps où les chats errants squattés. Yongsun était occupé à contemplé les fleurs sauvages qui avaient poussé dans une fissure du béton, si bien qu’elle mit quelques secondes à connecter les fils parce que la main de Moonbyul venait de prendre la sienne. Sa main, dans la sienne. Elle remercia silencieusement le ciel d’avoir empêché de mettre son subconscient sur écoute, dans le cas contraire la situation serait devenue terriblement gênante.

Moonbyul quand à elle semblait trouver son geste des plus normal puisqu’elle ne lâcha pas sa main et l’entraîna à sa suite dans un petit café. Ce dernier était plutôt chaleureux avec des tables et des chaises en bois. Elle s’assirent face à face, les doigts toujours entremêlaient. La blondinette était terriblement embarrassée et n’osait même pas croiser les yeux de Moonbyul. La rousse quand à elle faisait courir son regards sur le menu.

 

<< Tu prendras quoi ? demanda t-elle, toujours entrain de feuilleter la carte.

– Un milkshake banane-fraise ! >>

Elle l’avait presque crié ce qui fit sourire Moonbyul.

<< C’était un cris du cœur, railla la jeune fille avec un grand sourire >>

À cet instant précis Yongsun prit la décision de ne plus jamais sortir de chez elle. Enfouie sous une pile de couverture c’était ce qu’il y avait de mieux à faire. À tout les coups un découvrirait son cadavre des semaines après son dernier souffle. Elle se demanda quelle serait la réaction de sa mère. Quelle visage elle pourrait bien faire devant sa seconde fille. Au fur et à mesure qu’elle y pensait sa gêne disparut pour se faire remplacer par un amer sentiment de rancune. La rouquine dû remarquer que l’humeur de sa vis à vis n’était plus au beau fixe car elle serra un peu plus sa main en la caressant doucement. L’effet fut immédiat; les oreilles de la jeune étudiante devinrent écarlates mais, elle ne fit aucun mouvement pour stopper le geste de sa vis à vis.

<< Bonjour Mesdemoiselles ! Qu’est-ce-que je- >>

La serveuse qui venait tout juste d’apparaitre de derrière le comptoir se statufia instantanément lorsqu’elle les vit. Yongsun, en n’entendant pas la fin de sa phrase venir releva les yeux de la carte et assista à une scène des plus étrange. La serveuse qui une seconde auparavant employée en ton enjouée semblait avoir, entre temps croquer à pleine dents dans un citron. L’expression peinte sur son visage était à mis chemin entre le profond dégoûts et la colère. Son regard pleins de reproches fit frissonner la plus vieille, quand bien il ne lui était pas adresser.

<< Toi. Ici, commença la jeune femme.

– Salut Soojung. Moi aussi je suis ravie de te voir, répliqua Moonbyul avec un sourire d’une froide politesse. >>

Puis comme soudain frapper par l’évidence elle rajouta :

<< Yongsun je te présentes Soojung, c’était l’amie que j’étais aller dépanner la derrière fois qu’on s’est vu. Soojung, Yongsun ma nouvelle amie, dit elle en les désignant l’une à l’autre à tour de rôles.

– Bon-bonjour, lâcha timidement la blonde. >>

L’appelée Soojung la toisa de haut en bas, la scrutant d’un regard inquisitoire. Un nuage de malaise était palpable et l’ambiance en devenait suffocante. Une silencieuse joute visuelle était entrain de se jouer, opposant d’une part la rouquine impassible et son étrange amie. Cette dernière était d’une sourde beauté, celle qui vous laisse béat et transit d’un sentiment dégoulinant d’infériorité. Ses yeux perçants glacés la blondinette, malgré leur chaleureuse couleur caramel. La même que sa courte crinière rebelle. Ses traits étaient fins et délicats mais transpiraient une désagréable sensation d’aigreur. Tout en elle semblait être animée par le seul rouage d’un mécanisme de supériorité, une splendide mise en valeurs qui paraissait permanente.

Respire mon air et tais toi, c’est amplement suffisant. Le genre de phrase qu’on pouvait saisir d’un regards en l’observant. Cette fille n’était pas une simple mortelle, elle se voulait être bien plus que cela. Yongsun se demanda comment l’on pouvait faire pour entretenir un quelconque lien affectif avec ce que semblait être cette impératrice glaçon. Mais elle, pour l’heure, elle préféra s’en tenir à rester la tête baissée. Elle n’avait aucune envie de s’attirer les foudres d’une fille comme ça. D’autant plus que Moonbyul avait précisée être son amie.

<< Je ne savais pas que tu travaillais ici, commença Moonbyul en désignant la pièce du regards.

– C’est tout réçent, son ton était cassant et brutal comme gronde l’orage avant une sombre tempête.

– Je vois … souffla la rousse qui, à s’y méprendre semblait déchiffrer bien plus qu’en laissé paraitre la phrase de sa vis à vis.

– Et toi ? Je ne savais pas que tu draguais >>

Cette déclaration laissa place à un blanc des plus gênant. Et si la blondinette s’était statufié, la rouquine quand à elle ne sembla pas y prêter attention. Il s’écoula quelques secondes avant que la brune se décide à prendre leur commande et à les leur ramenée sans plus qu’aucunes remarques ne soient lancées. Une ambiance, ma foi, des plus confortables. Yongsun était mal à l’aise et savait qu’elle ne supporterait pas une seconde de plus ce silence.

<< Je suis désolé pour ça, d’habitude Soojung et moi .. Je veux dire, on s’entends un peu mieux, déclara Moonbyul en adressant un petit sourire à Yongsun >>

La blondinette se savait pas trop quoi répondre. Pas parce qu’elle était gênée ou juste timide face la rouquine, simplement, la perspective qu’elle et la brunette puissent s’entendre la laisser perplexe. Yongsun l’avait sentie, cette haine et ce dégoûts qu’inspirait Moonbyul aux yeux de la brune. C’est le genre de sentiment qui ne se manifeste pas à l’occasion mais à répétition. La jeune fille ignoraient tout de leur relation et bien que sa vis à vis lui en ai assurer le contraire, elle avait la vague impression qu’elle ne lui disait pas tout. Après tout c’était normal, pour elle Yongsun n’était sans doute qu’une inconnue, à qui confier sa vie n’était pas encore d’actualité.

<< Je ne t’ai pas demandé ce que tu étudiais au faite ! S’exclama brutalement la rouquine, brisant le flot de penser de Yongsun au passage.

– Ah.. Je fais des études pour être infirmière, répondit-elle, d’ailleurs je commence mon stage pratique le 27.

– J’espère que ça se passera bien >>

La blondinette se sentit rougir face au sourire rayonnant de Moonbyul. Un doux sourire, chaleureux et réconfortant qui lui fit songer qu’avec ce type d’encouragement il ne lui arriverait décidemment rien de fâcheux durant ces quelques semaines.

<< Je penses que oui mon tuteur à l’air gentil.

– Ce sera un homme ? Demanda la rouquine visiblement surprise.

– Oui, l’infirmier Park Chanyeol ! 1M80, un brun aux yeux bleus. Répondit Yongsun en se remémorant le visage du jeune homme. >>

Elle fut sortie de sa rêverie par un grognement sourd. À l’autre bout de la table une Moonbyul déconfite de ce portrait éloquant ruminait on ne sait quoi dans sa barbe. Et ce fut au tour de Yongsun de lui offrir un sourire rayonnant, car si de toutes évidences elles n’étaient encore que des inconnues la rouquine semblait tenir à elle. Cette pensée lui réchauffa le cœur.

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